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SXSW 2022

Critique : The Cellar

par 

- N’achetez pas ces vieilles maisons qu’on vous propose "à un prix raisonnable", les amis, ou vous allez le payer cher, comme le montre le réalisateur Brendan Muldowney

Critique : The Cellar
Elisha Cuthbert et Abby Fitz dans The Cellar

Le film d’horreur belge et irlandais The Cellar [+lire aussi :
interview : Brendan Muldowney
fiche film
]
de Brendan Muldowney, qui a fait sa première dans la section Midnighters du festival SXSW, fait valoir quelque chose d’extrêmement juste, qui est que les maths ont amené l’obscurité dans le monde. Enfin, on va dire ça. En tout cas ici, à chaque fois que les pauvres personnages se mettent à compter, les choses tournent affreusement mal pour eux. Pour quiconque se réveille encore la nuit en sueur après avoir rêvé d’un contrôle de maths surprise, The Cellar sera une expérience plaisante, dans le genre "je te l’avais dit", même s'il copie sans s'en cacher beaucoup des clichés du cinéma d’horreur. Mais tiens, quand on y pense, on peut compter ça aussi.

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En numéro un, il y a un classique absolu : une vieille maison louche que quelqu’un arrive toujours à acheter pour une somme relativement modique – ce qui, en soi, devrait déjà éveiller des soupçons. Ici, on a même l'impression que le propriétaire précédent n’a même pas essayé de masquer le fait que quelque chose n'est pas clair dans cette maison : il a laissé la propriété pleine de "tableaux flippants et de vieux trucs", comme le dit Ellie (Abby Fitz), la fille adolescente de Keira (Elisha Cuthbert), d’un air sombre. Ellie ne veut pas s’installer dans cette maison, vraiment pas, mais ses parents sont trop occupés au travail pour le remarquer – et elle leur a déjà causé suffisamment d’ennuis avant pour qu’ils présupposent qu’elle est de nouveau en train d'exagérer. Un soir qu'ils sont coincés au bureau, la laissant seule avec son frère, elle doit descendre à la cave pendant une coupure d’électricité. Sa mère, au téléphone, lui demande de compter jusqu’à dix en descendant – et elle sera arrivée en bas avant d'avoir fini. Mais Ellie continue de compter. Et de compter encore.

Ce qui nous amène aux clichés numéro deux (les sous-sols qui font peur), trois (les portes qui s’ouvrent sans raison) et quatre (une mère, ou une figure maternelle, qui se retrouve forcée de se battre contre les forces du mal pour sauver son enfant), mais tous ces éléments, pour être très familiers, n’empêchent pas The Cellar d’être sympa à regarder – enfin, une fois qu'on arrive à s'habituer au fait que Cuthbert, l’icône blonde du début des années 2000, connue pour 24 et The Girl Next Door, est à présent brune et apparemment suffisamment grande pour jouer la mère de quelqu’un (doux Jésus !).

Le film est souvent tordant. Il y a même ici un personnage qui devient un génie des mathématiques après un accident et qui peint désormais, littéralement, le nombre π. Mais il y a aussi des moments efficaces, parfaitement exemplifiés du reste par ce premier coup de fil paniqué. Si un enfant, en particulier une adolescente boudeuse, vous dit qu’elle a trop peur pour descendre quelques marches, toutes les consignes lues dans des guides du bon parent devraient remonter d'un coup (c'est une occasion en or de la contraindre à affronter ses peurs, à vous faire confiance et à enfin arrêter de dramatiser, etc.), mais la terreur, très bien jouée par Fitz, est clairement réelle, ce qui fait que la scène fait un peu l'effet d’une séquence de torture projetée au ralenti. C’est ça, la beauté perverse du cinéma d’horreur : "affronter ses peurs" n’est pas recommandé dans ces films, c'est même idiot. Ça signifie ne pas tenir compte de ses instincts, de ses sentiments viscéraux, de tout ce qui vous dit que ce qui rôde là dehors, dans le noir, n’est pas un ami.

Quand Ellie disparaît, laissant sa mère en état de choc, une enquête est lancée. Déchiffrer des symboles étranges placés au-dessus des portes et en découvrir davantage sur l’histoire tordue de la maison (ainsi que sur sa fille, qui a elle aussi des secrets douloureux) est une autre manœuvre classique du cinéma d’horreur, mais Muldowney compose un final bien timbré qui est à vrai dire un peu sombre et montre un parent dont la plus grande peur est de n'avoir pas été à la hauteur pour son enfant. Ce qui est encore plus effrayant, c'est que cette mère a peut-être raison.

The Cellar est une production entre l’Irlande et la Belgique qui a réuni les efforts de Epic Pictures, Hail Mary Pictures, Savage Productions and Wrong Men North. En Irlande, le film est distribué par Wildcard.

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(Traduit de l'anglais)

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