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KARLOVY VARY 2021 Compétition

Critique : Boiling Point

par 

- Philip Barantini fait de la belle cuisine au Festival de Karlovy Vary, avec un film comportant pas mal d’ingrédients raffinés

Critique : Boiling Point
Stephen Graham, Vinette Robinson et Ray Panthaki dans Boiling Point

En lice pour le Globe de cristal au Festival de Karlovy Vary, Boiling Point [+lire aussi :
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de Philip Barantini est le petit dernier à intégrer le club des films tournés en plans-séquences. Il y a longtemps de ça, le public s’émerveillait lorsqu’Alfred Hitchcock tournait des scènes de 8 minutes. C’est alors que le numérique est venu remplacer le celluloïd, et l’utilisation de caméras de plus en plus petites, nécessitant moins de lumière et dotées de disques durs capables d’enregistrer des heures de séquences, a vu le nombre de films en plan-séquence exploser. L’Arche russe [+lire aussi :
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. Tout cela pour dire que la technique du plan-séquence est devenue banale, moins incroyable qu’à l’époque. La bonne nouvelle est donc que Boiling Point a tous les ingrédients d’un bon film : de bonnes performances, des personnages intéressants et quelques rebondissements amusants.

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Le film met en scène Stephen Graham dans le rôle d’un chef d’un restaurant gastronomique. Graham, aujourd’hui l’un des meilleurs acteurs du cinéma britannique, excelle dans le rôle d’un homme dont la journée va aller de Charybde en Scylla. Tout commence lorsqu’il arrive une fois de plus en retard, empestant l’alcool et empêtré dans ses problèmes personnels. Il débarque au beau milieu d’un contrôle sanitaire, où l’inspecteur d’hygiène est déçu de constater que le niveau de qualité du restaurant a baissé. En matière de propreté, l’établissement voit son excellente note de 5 rétrogradée à un médiocre 3. Il ne fait aucun doute que le niveau de qualité du restaurant a effectivement commencé à chuter au cours des deux derniers mois. Andy, dont le caractère est explosif, commence par rendre son équipe responsable de cette mauvaise note. Mais il est évident pour toute la brigade que c’est lui la source du problème.

Lorsque le restaurant ouvre enfin ses portes, les clients présents sont un père de famille raciste, un chef célèbre, un groupe de touristes américains et un homme sur le point de demander en mariage sa petite-amie, allergique aux arachides. Andy est particulièrement stressé de devoir servir un chef de la trempe d’Alistair Skye (Jason Flemyng), véritable célébrité pour laquelle il a travaillé par le passé. Comme si cela ne suffisait pas, ce dernier arrive accompagné de la critique gastronomique Sara Southworth (Lourdes Faberes). Mais le drame qui se déroule en salle n’est rien comparé à ce qui se joue en cuisine. Chaque membre de la brigade a ses problèmes. L’un s’est vu offrir un poste mieux rémunéré ailleurs, un autre a des idées noires, la plongeuse est enceinte et le retard de son commis la contrarie, alors qu’un dernier vit sa première journée de travail. La sous-chef Carly (Vinette Robinson) a le chef de salle en horreur et le chef (Ray Panthaki), quant à lui, déteste tout le monde.

L’excellent scénario a été écrit à partir du court-métrage éponyme, nommé au BIFA. On le doit au réalisateur Philip Barantini et à son coscénariste James A Cummings. En fait, que le film ait été réalisé en plan-séquence est l’élément le moins intéressant, la technique ayant déjà été utilisée de manière plus spectaculaire et plus ambitieuse ailleurs. Ce procédé impose au réalisateur de créer épisodiquement des moments qui semblent inutiles et mous pour permettre le changement décor sans avoir à crier "coupez". L’un des personnages part se livrer à un petit trafic de drogue, un autre s’enferme dans les toilettes pour pleurer. Mais on pardonne ces moments à Barantini, qui est manifestement un scénariste et un réalisateur de génie.

Boiling Point est une production britannique d’Ascendant Films et Burton Fox Films. Le film a été coproduit par Three Little Birds, Matriarch Productions, Alpine Films, White Hot Productions, Insight Media Fund, Urban Way et Bromantics. Les ventes internationales ont été confiées à Charades.

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(Traduit de l'anglais par Karine Breysse)

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