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CANNES 2021

Cannes met l'accent sur les financiers qui soutiennent la production française

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- CANNES 2021 : Les membres du panel du CNC "L’accès aux financements au service de la création" font le point sur la situation actuelle

Cannes met l'accent sur les financiers qui soutiennent la production française
Un moment du débat (© Eric Bonté/CNC)

En 2020, les financements des films en France ne se sont pas taris, notamment grâce à une mobilisation conjointe du CNC, de l'IFCIC, des banques spécialisées et de BPIFrance. Ces organismes mettent également en place de nouvelles aides aux sociétés, comme l'ont confirmé les membres du panel réuni au pavillon du CNC le 13 juillet dernier.

Ouvrant le débat, le directeur financier et juridique du CNC, Maxime Boutron, a confirmé que le financement des oeuvres de cinéma avait résisté à la pandémie : outre les aides publiques exceptionnelles (900 millions d'euros de l'Etat et 402 millions d'euros du CNC), le système de garanties et de prêts mis en place depuis des décennies a fonctionné à plein. Selon Karim Mouttalib, directeur général de l’IFCIC, "lors de la premiere vague de Covid, après l'arrêt des tournages, nous avons reçu énormément de demandes de crédits d'urgence et d'aménagement de crédits. Mais ces demandes ont été divisées par dix à l'automne 2020, Au final la France a connu une forte hausse de production, de 10 à 20% par rapport à 2019. Et en 2021, nous sommes également en avance sur 2020."

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Isabelle Terrel, directrice générale de Natixis Coficiné, se réjouit que la politique de soutien des entreprises ait permis d'éviter des fermetures. "Mais l'inquiétude actuelle est dans la baisse des financements des chaînes cryptées et du marché. L'année 2021 s'annonce difficile pour les distributeurs qui sortent aujourd'hui leurs films dans des conditions compliquées, en ayant payé des minima garantis dont les montants sont calculés sur le prix de marché d'il y a deux ans."

Camille Gentet, directrice générale déléguée de PanEuropéenne et de la Sofica Indéfilms, confirme cette augmentation du nombre de projets lancés en 2021, tout en alertant sur la baisse des investissements des chaînes et des devis : "A la PanEuropéenne, en moins de 5 ans, la part de Canal+ dans nos devis a chuté de 25% à 10%. De plus, les investisseurs se polarisent sur les projets à petits budgets montés avec un fort taux d'aides publiques et sur les gros budgets. Au milieu, c'est le désert. Heureusement, le système financier français nous a toujours accompagnés, comme tout récemment dans notre développement vers l'acquisition d'une structure d'animation ou la production de séries télévisées." Elle conclut en demandant une meilleure sécurisation et une transparence des remontées de recettes des oeuvres, pour aller chercher des investisseurs privés en gap financing.

BPIFrance, banque publique d'investissement, était représentée par Nicolas Parpex. "La réponse de l'écosystème de financements public et privé français a été efficace. Plus de 600 millions d'euros de prêts garantis par l'Etat ont été mobilisés pour la télévision et le cinéma en 2020." Il a évoqué une véritable boite à outils financière de BPIFrance, notamment un accélérateur pour les PME de moins de 10 millions d'euros de CA, proposant un parcours de consulting financier suivi d'une formation et d'une mise en réseau. De son côté l'IFCIC développe les prêts participatifs, un nouvel outil permettant d'obtenir des financements complémentaires : " L'effet de levier est très net, souligne Karim Mouttalib : en 2020, nos 150 millions d'euros de prêts participatifs ont généré 300 millions de prêts externes. "

Ainsi, une entreprise comme Federation, fondée par Pascal Breton il y a sept ans, a été accompagnée dans son développement par plusieurs de ces mécanismes de financement. Ce groupement (130 personnes dans 7 pays) a produit les séries Le bureau des légendes pour Canal+ et Marseille pour Netflix. Selon Cosette Liebgott, une de ses dirigeantes, "lorsque notre société a été créée en 2014, ce type d'aide aux structures n'existait pas encore. Nous avons dû lever des fonds auprès de partenaires traditionnels privés qui ne connaissaient pas l'audiovisuel. Mais quand la question de l'accélération du développement de notre société s'est posée, la BPI a été un investisseur majeur et fédérateur d'autres partenaires qui ont pu se reposer sur son expertise, un rôle déterminant pour nous." Federation a d'ailleurs également bénéficié d'un prêt participatif de l'IFCIC : "une chance dans notre marché des séries en pleine croissance : les investissements des plateformes dans les séries doublent tous les deux ans."

En début d'année, BPIFrance a également lancé le "plan Touch" proposant prêts et garanties, mais aussi interventions en equity. La banque publique déploie de nouveaux prêts au bénéfice de l'innovation créative pour des producteurs à la ligne éditoriale différenciante. Cela concerne aujourd'hui dix entreprises, comme Tandem dans la distribution, Echo Studio producteur et distributeur de films à impact, le vendeur international Playtime, Gédéon dans le documentaire pour environ 15 millions d'euros.

L'exemple de Federation illustre l'insolente santé des séries face à une industrie du cinéma fragilisée, comme le souligne Camille Gentet : "Très clairement, les investisseurs montrent davantage de prudence envers le cinéma, alors que nous avons une capacité créative et de production valable pour tous les formats. Small is beautiful : les indépendants savent produire de façon qualitative." Isabelle Turrel abonde dans son sens : "En France les groupes doivent co-exister avec de petites structures indépendantes auprès desquelles les groupes vont ensuite chercher des talents. La diversité de nos nouveaux outils financiers est adaptée à l'audiovisuel, mais moins aux producteurs de cinéma qui sont des artisans. Le choix des mesures de soutien est aussi politique : nos aides doivent bénéficier aux petites sociétés de production et à la distribution, une activité très risquée aujourd'hui." 

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