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TRIBECA 2021

Critique : Wild Men

par 

- Dans ce film, où Thomas Daneskov propose sa lecture de la crise de la quarantaine version masculine, dur dur d’essayer d’être un homme des cavernes

Critique : Wild Men
Rasmus Bjerg dans Wild Men

Il faut quelques minutes pour comprendre exactement ce qui se passe dans le drôle de film danois Wild Men [+lire aussi :
interview : Thomas Daneskov
fiche film
]
de Thomas Daneskov, projeté à Tribeca, New York, qui commence comme une nouvelle version du Clan de l'ours des cavernes de Michael Chapman. Mais bien que Martin (Rasmus Bjerg) semble aimer porter de la fourrure (il adore), son plaisir ne dure pas longtemps, car il est trahi par un papier de sucrerie abandonné. Dans sa tête, il est peut-être dans une quête (trouver du feu), mais les faits sont bien moins attrayants : Martin est en cavale de sa vie normale, par incapacité ou réticence à continuer d'être un mari et un père. Et il commence à avoir un peu faim.

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Qu'on ait besoin d'une histoire de plus sur les hommes en pleine crise de quarantaine qui veulent juste qu'on les laisse tranquille est discutable, mais la pure absurdité des choix de Martin fait du film un titre plaisant à regarder. Au lieu d’une nouvelle moto, il s'achète un arc (non qu'il sache vraiment s’en servir), mais d'un coup, le fantasme d'être le genre "mec fort et taiseux qui part tout seul dans la nature norvégienne" s'arrête net. Il a encore un smartphone caché dans ses affaires, le pauvre bougre, et dès que la faim se fait sentir, il va tout droit dans la station-essence du coin et tente d'échanger contre sa hache quelques provisions. Il va sans dire que personne n’en veut. Il va sans dire qu'il n'est pas content.

Après, force est de noter que les délires de Martin sont franchement au niveau au-dessus. Fatigué de ses responsabilités et tâches quotidiennes, il aimerait autant revenir à un fantasme d’enfance, mais ça ne se passe pas très bien non plus. C’est un combat entre qui il voudrait être, en tant qu'homme, et qui il est vraiment. À chaque fois que la réalité se rappelle à lui, sa déception grandit. Un accident de voiture et quelques procédures médicales improvisées plus tard, il trouve enfin un compagnon : Musa (Zaki Youssef), gravement blessé, un type dont le sac plein d’argent aurait probablement dû soulever quelques questions. Bizarrement, pour quelqu’un qui a du mal à parler à sa femme, dès que cela se produit, il se met à causer non stop, même si son auditeur continue encore clairement de perdre du sang. Très vite, des policiers locaux sont en chemin aussi – sauf que Martin, dont l'égocentrisme est sans pareil, est convaincu que c'est à cause de son fiasco à la station-essence.

Dès que la poursuite commence, sans hâte non plus, tout l’ensemble se délite, menant à un moment paroxystique qui aurait aussi bien pu être au ralenti. Mais quoique le film ne soit pas extrêmement profond, c’est un petit univers amusant, un peu à la façon des frères Coen, qu’on nous présente ici, le genre où courir après des criminels est vu comme un embêtement, pas une aventure, et le seul chien policier du coin n’est jamais au travail. Quant aux personnages féminins, le film ne leur accorde pas ici beaucoup d’attention : elles ne savent rien sur rien et taquinent leurs partenaires à tel point qu'ils finissent par prendre de mauvaises décisions ou se retrouvent morts comment des bienheureux, Elles sont de nouveau les "adultes responsables", comme si ça pouvait être amusant d'être obligé de s’occuper des enfants et leur lapin domestique. On espère qu’ils vont, eux aussi, prendre le chemin de la nature norvégienne après. Il serait bien temps.

Wild Men a été produit par la société danoise Nordisk Film Spring. Les ventes internationales du film sont gérées par Charades.

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(Traduit de l'anglais)

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