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BLACK NIGHTS 2020 Compétition Premiers Films

Critique : As Far as I Know

par 

- Nándor Lőrincz et Bálint Nagy examinent dans leur premier long-métrage l’impact d'un viol et du traumatisme qui en résulte dans la vie et les dynamiques relationnelles d’un couple de yuppies

Critique : As Far as I Know
Gabriella Hámori et Balász Bodolai dans As Far as I Know

La vie d’un couple peut dérailler en un instant à cause d’un événement traumatisant, mais est-ce que la dynamique du couple change tout d’un coup ou est-ce que le traumatisme ne fait que faire ressortir des problèmes pré-existants ? Voilà les questions que pose le duo de réalisateurs hongrois formé par Nándor Lőrincz et Bálint Nagy dans leur premier long-métrage, un mélange atmosphérique de drame relationnel et de thriller à combustion lente intitulé As Far as I Know [+lire aussi :
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qui a fait sa première dans le cadre de la compétition Premiers films du Festival Black Nights de Tallinn.

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Dénes (joué par Balász Bodolai, aperçu dans Sunset [+lire aussi :
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interview : László Nemes
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de László Nemes) et Nora (Gabriella Hámori, qui a joué dans des films de genre comme Post Mortem [+lire aussi :
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et The Exam [+lire aussi :
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) représentent la fine fleur de la classe yuppie de Budapest. Ils sont en couple depuis longtemps, travaillent pour la même société de marketing et partagent le même cercle d’amis aux parcours professionnels tout aussi réussis que les leurs. L’adoption qu'ils projettent, celle d’une petite fille nommée Hana, serait la prochaine étape de leur relation.

Pour fêter la décision de l’agence d’adoption, ils retrouvent des amis dans un pub proposant des bières artisanales, mais une autre annonce fait de l’ombre à leur grande nouvelle : un autre couple parmi leurs amis annoncent qu’ils attendent leur deuxième enfant. Dénes et Nora réagissent différemment à cette nouvelle : elle ne semble pas s’en soucier le moins du monde, mais son ego fragile à lui le trahit, et la discussion qu'ils ont en rentrant chez eux tourne à la dispute véhémente dans le bus. Un homme (Attila Menszátor Héresz) intervient, ce qui ne fait qu’en augmenter l’intensité. Nora descend du bus à n’importe quel arrêt et l’homme la suit, tandis que Dénes reste à bord. Il arrive chez eux le premier et quand Nora reparaît enfin, beaucoup plus tard, elle est clairement dans tous ses états : l’homme du bus l'a agressée et violée.

Quelques jours plus tard, ils vont au commissariat, mais il est déjà trop tard pour recueillir des preuves et la seule chose que la police peut faire, c'est enregistrer la description du coupable. Dans le même temps, Dénes mène sa propre enquête et traque l'homme, pour rapporter ensuite l'endroit où il se trouve à la police. Quand Nora rédige un post en ligne sur son expérience, il attire de l’attention, mais pas toujours de la bonne sorte, ce qui va tout affecter dans leur vie, de leurs carrières à leurs chances de conclure la procédure d'adoption. Qui plus est, l’ensemble de la situation fait ressortir des problèmes plus profondément ancrés qu’ils ont en tant que couple.

Contrairement à la dynamique du couple qu'on suit dans le film, celle du duo des réalisateurs est tout à fait fluide. Ils se sont "castés" dans des rôles très strictement définis : Nagy, également chef-opérateur du film, s’occupe de l’aspect visuel du film, guidé par les temps forts du scénario conçu par Lőrincz. Travaillant en synergie, ils abordent des problèmes existant dans les rouages du système (certaines des métaphores visuelles ici sont précieuses), mais sans jamais s’aventurer trop loin du sujet central et de la relation du couple, qu'on voit presque exclusivement selon la perspective de Dénes.

Les deux acteurs centraux livrent des interprétations plaisantes, contenues au niveau émotionnel, ajoutant un autre niveau de mystère au drame central. La photographie, avec ses couleurs claires et vibrantes, est en contraste marqué avec la zone grise de la moralité et des relations humaines que le film aborde. Les airs de piano conçus par Attila Fodor ajoutent de la tension aux bons moments, faisant de As Far as I Know bien plus que juste un bon premier long-métrage.

As Far as I Know est une coproduction entre la Hongrie et la Roumanie qui a réuni les efforts de M&M Film et Partnersfilm, en coproduction avec Chainsaw Europe.

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(Traduit de l'anglais)

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