email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

Jiri Bartoska • Président du Karlovy Vary F.F.

"Un lieu de rencontre pour toute l'industrie."

par 

Jiri Bartoska • Président du Karlovy Vary F.F.

Jiri Bartoska est un acteur tchèque dont le renom s'est accru ces dix dernières années du fait de son travail à la présidence d'un festival en pleine expansion: le Festival International du Film de Karlovy Vary. Liv Ulmann, Robert Redford, Sharon Stone et Alexander Payne font partie des invités mais la qualité de la compétition et l'atmosphère de ce qu'on appelle le “Woodstock de l'Est” du Nord de la Bohème devraient également faire les gros titres.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Karlovy Vary, doyen des festivals d'Europe à une exception près, célèbre cette année son quarantième anniversaire...
Ce qui est amusant, c'est qu'on aurait pu faire mieux: cette édition aurait pu être la 59ème, si la "normalisation" soviétique de 1968 n'avait imposé une "parenthèse" de dix-neuf ans à notre festival. Au cours de cette période, le public n'avait plus accès qu'à des films soviétiques ou en faveur du régime. Après [le bouleversement politique de] 1989, le festival, qui dépendait encore de l'État, n'étant pas parvenu à ressusciter l'âge d'or des années 60, il a été purement et simplement annulé. En 1993, un petit groupe de gens, dont Eva Zaoralova [la directrice des programmes] et moi-même, avons créé la Fondation Karlovy Vary, pour que le festival et tout le cinéma tchèque retrouvent le succès des années 60. Cela fait maintenant douze ans que nous travaillons ensemble et je suis convaincu que nous sommes parvenus à quelque chose. La compétition officielle demeure la pierre de touche, avec des films comme Le fabuleux destin d'Amélie Poulain ou encore Nowhere in Africa [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, que Karlovy Vary a tous deux distingués.

Cela pourrait multiplier les attentes...
La République Tchèque est un petit pays pour un si grand festival. Il est donc difficile d'atteindre le niveau de Berlin et Cannes, prioritaires aux yeux des grands distributeurs. Les gens savent cependant que notre sélection est de grande qualité et que certaines sections sont uniques, comme le très attractif volet "L'Est de l'Ouest", qui couvre tout le cinéma de la période post-soviétique... Le grand attrait de Karlovy Vary c'est d'être devenu un lieu de rencontre pour toute l'industrie, parce que la ville est petite et qu'on est obligé de s'y croiser!

On y voit bien de sacs de couchages, d'où le surnom du festival: le “Woodstock de l'Est”…
C'est vrai. Notre public est jeune; il y a beaucoup d'étudiants et de campeurs, et c'est une bonne chose. Je pense que c'est bien normal dans un pays où la jeune génération est avide de films qui se distinguent des films tchèques de qualité moyenne ou des grosses productions que proposent les multiplex, de films danois, hollandais, ou encore canadiens qui autrement auraient peu de chances d'être distribués ici. Il faut "informer" les jeunes de ce qui se fait ailleurs, et Karlovy Vary leur permet de profiter des films dans une ambiance festive...

Le vrai problème, c'est l'état de certaines des salles...
Nous avons un budget bien défini pour organiser le festival. Les salles dépendent de la Ville de Karlovy, or il est vrai qu'un tiers de ces salles ne sont pas à la hauteur de tel évènement. Personnellement, je pense que les pouvoirs locaux et l'État lui-même devraient utiliser notre renom à leur avantage et organiser plus d'animations d'année en année afin d'en investir les bénéfices dans la rénovation des salles. Je ne dis pas qu'une ville de 52 000 habitants a besoin d'un multiplex mais on pourrait au moins rénover les salles existantes...

Pourquoi y a-t-il toujours si peu de films tchèques en sélection officielle?
Beaucoup de réalisateurs tchèques ont l'ambition d'aller à Cannes ou Berlin, en général en vain, ce qui n'est guère surprenant dans la mesure où la plupart de ces films sont produits pour le marché tchèque. Après avoir été rejetés, ces metteurs en scène reviennent nous demander si nous pouvons projeter leurs films. La réponse est non merci, nous ne sommes pas la poubelle des autres festivals...

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy