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CINEMED 2021

Christophe Leparc • Directeur, Cinemed

"Les festivals, c’est quand même une autre expérience que les plateformes"

par 

- Rencontre avec le directeur du Festival Cinéma Méditerranéen de Montpellier pour parler des objectifs principaux de cette édition 2021

Christophe Leparc  • Directeur, Cinemed

Pilote depuis sept ans du Cinemed, le Festival Cinéma Méditerranéen de Montpellier, Christophe Leparc (par ailleurs secrétaire général de la Quinzaine des Réalisateurs depuis 2008) évoque la 43e édition (lire l’article) qui débute aujourd'hui.

Cineuropa : Après une édition 2020 très particulière sous la chape pandémique, quel est votre objectif principal cette année ?
Christophe Leparc : L’expérience de l’an dernier nous a prouvé que les festivals de cinéma en physique sont très importants pour le public et pour les artistes. Cela nous a conforté dans notre mission : mettre en avant les œuvres et faire naître cette expérience culturelle collective. Cette année, l’idée n’est pas de s’appesantir sur le fait que nous avons été l’un des rares festivals à pouvoir avoir lieu en 2020, mais de remettre la machine en route auprès de tous les publics qui n’ont pas pu venir l’an dernier afin de leur faire prendre conscience que les festivals, c’est quand même une autre expérience que les plateformes. Donc nous voulons non seulement retrouver le niveau de fréquentation que nous connaissions avant la Covid, mais aussi être un déclencheur du retour des spectateurs dans les salles de cinéma. Un festival permet une autre expérience que la simple vision d’un film. Le partage d’une projection et l’échange que nous provoquons avec les comédiens et les cinéastes présents est un plus pour le public qui servira de déclencheur à un retour vers les salles car la situation dans les cinémas n’est pas du tout revenue à une normalité d’avant Covid. Nous l’avons constaté lors d’avant-premières : à chaque fois que la réalisatrice ou le réalisateur vient, cela déclenche une autre dynamique au niveau de la fréquentation. Et les artistes ont aussi envie et besoin d’échange avec les gens qui voient leurs films.

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Le cinéma méditerranéen recouvre un très grand nombre de territoires. Quel a été l’impact local et régional de la pandémie sur les niveaux de production ?
Pour les courts métrages et les documentaires, nous avons eu le même nombre de propositions de tout le bassin méditerranéen, peut-être parce que c’est plus facile à produire et à réaliser. En revanche, pour les longs métrages de fiction, si certaines zones géographiques ont été plutôt dynamiques, par exemple le Moyen-Orient avec l’Égypte, Israël, la Palestine, le Liban, il y a eu une très nette baisse de la production dans les pays du Maghreb.

De nombreux titres de votre compétition de longs de fiction ont été coproduits par de multiples pays ? Une tendance de fond ?
Cette évolution remonte à l’impulsion donnée par le Festival de Dubaï qui avait mis en place une plateforme de coproduction. Cela a été prolongé par le Doha Film Institute, puis par l’Egypte et maintenant c’est l’Arabie Saoudite qui pointe le bout de son nez avec le Red Sea Festival. Il y une volonté de ces pays de promouvoir et de mettre le pied à l’étrier à des cinéastes arabes. Cela donne des résultats intéressants car cela permet à des auteurs de pays assez peu en forme économiquement comme la Palestine ou le Liban par exemple, de trouver des financements. Par exemple, pour Costa Brava, Lebanon [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
, Mounia Akl a fait le tour de toutes les plateformes de coproduction d’Europe et du Moyen-Orient, ce qui lui a permis de faire son film, ce qui aurait impossible sinon. Il y a donc une vraie tendance : ces rendez-vous professionnels de mise en relation et de coproduction, qui sont d’ailleurs nés avec le Cinemart de Rotterdam, sont efficaces. Et la France est particulièrement présente au niveau des ces coproductions avec le dispositif de l’Aide aux Cinémas du Monde. C’est un véritable cercle vertueux.

Asia Argento présidente du jury, Hafsia Herzi comme invité d’honneur, cinq réalisatrices sur les dix films de la compétition des longs de fiction. Une féminisation volontariste ?
Les festivals sont en bout de chaîne : nous faisons avec ce que l’on nous propose. Nous avons été l’un des premiers festivals à signer la charte 50/50 qui est surtout fondée sur un équilibre dans les comités de sélection et sur une remontée des informations statistiques. De manière général, je pense que les mesures prises en termes de production et de mise en avant des auteures commencent à porter leurs fruits : le pourcentage de films de femmes que nous recevons, et je l’ai constaté aussi à la Quinzaine des Réalisateurs, est passé en quelques années de 20 % à 30 %. Cependant, la sélection du Cinemed ne s’attache pas au sexe des cinéastes : nous fonctionnons au coup de cœur. Mais c’est un très beau constat de constater après coup qu’on se retrouve à parité pour la compétition des longs de fiction, et que pour la compétition des documentaires il y a cinq réalisatrices et quatre réalisateurs. Même si ce n’est pas facile partout pour les femmes, le talent des autrices et le système des coproductions leur permettent de ne pas être limitées à leurs seuls pays pour trouver des financements. Et en Europe, on s’intéresse beaucoup à faire émerger ces talents féminins issus de tous les territoires méditerranéens. Les plateformes de coproduction les aident ainsi à se libérer des éventuels freins culturels de leurs propres pays.

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