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Luxembourg

Frédéric Zeimet • Créateur de W.

"Le Luxembourg produit énormément, mais le territoire du web est encore vierge"

par 

- Sa web-série policière W., tirée du mot "Wëssen" (le "savoir" en luxembourgeois), profite d’une popularité telle qu’une saison 2 est en cours de préparation

Frédéric Zeimet • Créateur de W.

Une femme est retrouvée au milieu de la forêt par la police luxembourgeoise. Elle ne sait pas qui elle est, d’où elle vient ni ce qu’elle fait ici… et pourtant, elle sait beaucoup de choses. Qui est-elle véritablement ? Et pourquoi est-elle suspectée dans une affaire de disparition d’enfants ? Ce sont ces questions que posait la première saison de la série W. imaginée par Frédéric Zeimet, produite par sa propre société Six.-Letters, et diffusée sur les réseaux sociaux avec un joli succès. Totalisant 43 minutes, le feuilleton découpé en six épisodes faisait preuve d’un excellent sens du rythme, de concision et d’innovations formelles. Évoluant à travers quatre décors et quatre personnages (dont Catherine Elsen dans la peu de la femme amnésique, par ailleurs atteinte de troubles autistiques), W. a donc su convaincre et maintenir ses spectateurs à l’affût : de quoi pousser le Film Fund Luxembourg à débloquer une aide (lire la news) pour la production de la saison 2 de cette web-série réussie sur la mémoire et l’oubli, dont la livraison est prévue pour 2022.

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Rencontre avec Zeimet, scénariste âgé de 37 ans qui a travaillé sur plusieurs longs-métrages comme Angle mort [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Christophe Wagner
fiche film
]
(2012) et la série Comeback (2012-2013) dont il est devenu le co-showrunner. Il est par ailleurs diplômé en histoire de l’art et spécialiste de Wim Wenders.

Cineuropa : Parlez-nous de la genèse de W. que vous qualifiez d’aventure inédite dans le paysage médiatique du pays. Pourquoi ?
Frédéric Zeimet : C'est la première fois qu'une fiction en langue luxembourgeoise, produite au Luxembourg, a été créée pour être uniquement diffusée sur Internet. Il y avait eu des exemples de sketchs pour le web bien entendu (le plus connu étant Duckfeiss) mais W. est la première série de ce genre au pays. Le Luxembourg produit énormément de films, des coproductions, des séries, du contenu en réalité virtuelle, mais le territoire du web est encore vierge de toute forme d'initiatives de création ou de production... Alors qu'à l'étranger, en Belgique (à travers les nouvelles écritures), en France (via France TV Slash, Arte.tv, OCS), le secteur est plus actif. Le Grand-Duché ne s'est pas encore véritablement lancé dans cette mouvance. W. est en quelque sorte pionnière. Mais le premier chapitre s'est réalisé avec un budget de 5 à 10 voire 15 fois inférieur aux pays voisins.

Que racontera ce nouveau volet et sous quelle forme ?
Après avoir retrouvé son identité, W. essaie de recoller les pièces de son passé et de se construire de nouveaux repères, tout en aidant la police à retrouver la trace de criminels insaisissables, les mêmes qui se cachent derrière le kidnapping de son mari et de son enfant… Nous gardons cette idée de proposer des formats courts mais qui restent feuilletonnants. La saison 2 sera toutefois composée de 8 épisodes (au lieu de 6).

Pour la saison 1, le tournage s’est déroulé en mai 2019, entre Bech et Hesperange. Pour cette deuxième saison, qu’est-ce qui est prévu ?
Vu le manque de possibilités de financement sur ce genre de projet, nous savions que nous allions devoir dès l'écriture prendre en compte sa faisabilité avec un budget réduit. Dans ce sens, nous avons à nouveau limité les lieux (principalement en intérieur), le nombre de personnages, etc... Le tournage à Bech dans la première saison partait d'une volonté de mettre en avant le patrimoine luxembourgeois. Hesperange était le lieu du décor intérieur, notre "studio" en quelque sorte. Cette fois-ci, nous sommes à nouveau tributaires des studios que nous aurons à notre disposition mais je peux déjà vous dire qu'une partie sera tournée normalement à Echternach. Nous prévoyons 6 jours de tournage. Deux jours de plus que précédemment mais il y a davantage de texte et de matière.

Vous avez tourné, et allez tourner, principalement en langue luxembourgeoise. Pourquoi est-ce important pour vous ?
Dès le départ, c'était une évidence. Je parle luxembourgeois au quotidien, j'interagis avec ma femme, mes enfants, ma famille, mes amis dans cette langue... Bien qu'étant francophone, je ne me voyais pas écrire une série se déroulant ici sans qu'on y parle le Luxembourgeois. La question de l'anglais avait été soulevée par certains lecteurs dans l'idée de mieux exporter la série : mais ce n'était pas ma pensée et les retours en festival, ainsi que ceux des spectateurs étrangers n'ont fait que confirmer ce choix. De façon générale, le multilinguisme au Luxembourg me tient très à cœur.

Quels artistes et techniciens locaux seront impliqués ?
Nous allons continuer à travailler évidemment avec Rae Lyn Lee, la directrice de la photographie de la première saison qui avait su parfaitement s'adapter aux limites budgétaires du projet tout en proposant une image sophistiquée. Catherine Elsen fera évidemment partie du casting tout comme des récurrents de la première saison (comme Frank Grotz) et des nouveaux visages. Le Luxembourg a un vivier d'acteurs extrêmement talentueux mais qui n'ont pas toujours l'occasion de montrer toutes leurs capacités. Ce genre de projet peut être un lieu d'exploration de leur jeu. Daniel Balthasar sera toujours aux commandes de la musique et Luca Theis s'occupera du design sonore, du montage son et du mixage. Cette collaboration en post-production a été extrêmement fructueuse et nous nous réjouissons de retravailler avec eux. Toujours en post-production, nous souhaitons collaborer avec Raoul Nadalet dont le savoir-faire en tant que coloriste n'est plus à prouver. Hélas, quelques techniciens ayant travaillé sur la première saison ne feront pas partie de la suite de l'aventure. Ces derniers mois de pandémie ont été très difficiles pour certains d'entre eux et ils se sont reconvertis. Pour nous, il est essentiel de faire appel au savoir-faire luxembourgeois parce qu'il est là et qu'il mérite d'être mis en avant.

Où cette nouvelle saison sera-t-elle diffusée ? Sur le web comme la première, ou bien avez-vous reçu entre temps des manifestations d'intérêt de chaînes télé ?
En termes de diffusion, il s'agit toujours d'une série-web, et dans ce sens son premier canal de diffusion sera là, sur Internet. Lors du premier chapitre, nous avions pu collaborer avec RTL Luxembourg pour la mise en ligne des épisodes sur leur site pendant le confinement de l’hiver 2020. Face au succès, chaque partie a exprimé la volonté de collaborer une nouvelle fois ensemble sans toutefois en définir encore les modalités. 

Vous avez spécifiquement utilisé YouTube, Facebook et Instagram afin de diffuser et de faire parler de la série : en quoi sont-ils importants pour vous ?
Les réseaux sociaux sont et restent les meilleurs moyens pour communiquer avec le public, pour l'atteindre. Nous ne savions pas où nous mettions les pieds dans cette aventure mais nous savions qu'une série-web se doit d'être sur les réseaux sociaux.

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