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Irlande

Paddy Slattery • Réalisateur de Broken Law

“Je sentais que le coeur battant de l'histoire était ces deux frères situés sur deux versants opposés de la loi"

par 

- Entretien avec le scénariste et réalisateur irlandais, dont le film sortira sur Netflix pour le Royaume-Uni et l'Irlande demain 13 janvier

Paddy Slattery  • Réalisateur de Broken Law
(© Nina Val)

Cineuropa s'est entretenu avec Paddy Slattery, scénariste et réalisateur de Broken Law [+lire aussi :
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fiche film
]
, qui a fait sa première mondiale l’année dernière au Festival international du film Virgin Media de Dublin. L’histoire suit deux frères qui ne se voient plus depuis longtemps et se situent sur deux versants opposés de la loi : Joe (Graham Earley), un ancien détenu, et David Connolly (Tristan Heanue), un officier de police très respecté. Broken Law sortira sur Netflix demain 13 janvier.

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Cineuropa : Quand avez-vous commencé de travailler sur Broken Law ?
Paddy Slattery :
La première version du scénario remonte à la fin de 2009. C'était très différent de ce qu’on voit aujourd’hui dans le film. En gros, cette version du scénario ressemblait fortement à Magnolia de Paul Thomas Anderson. C’était un film chorale sur des existences enchevêtrées et sur la manière dont la peur joue un rôle dans nos vies. Au fil des ans, j’ai appris à faire des films en tournant des courts-métrages et en 2017, j’ai décidé de revoir ce scénario. Pour des raisons de budget, nous n’avons pas pu lever le montant requis pour coller au concept original. Alors, j’ai senti que le cœur battant de l’histoire, c’était ces deux frères situés sur deux versants opposés de la loi.

Le film a été réalisé avec un budget très restreint : combien avez-vous dépensé ?
Nous avons d'abord lever des fonds à travers une campagne de financement participatif sur Indiegogo, juste assez pour lancer le projet. Ensuite, nous avons trouvé des fonds supplémentaires à travers des financeurs privés, puis Screen Ireland a rejoint le projet pour compléter. Notre budget total s'est monté à 150 000 euros, ce qui est extraordinaire compte tenu du fait que la valeur de production est à environ 1 million d’euros – j’entends par-là que si notre équipe techniques et nos acteurs nous avaient facturé leur coût habituel, ç’aurait été le vrai budget. Nous n'y serions pas arrivés sans leur générosité.

Comment avez-vous contacté (et commencé de travailler avec) Narayan Van Maele, le directeur de la photographie du film ?
Narayan avait fait des courts-métrages avec Failsafe Films, et il a aussi tourné des films avec Tristan Heanue. Tristan n’est pas que notre acteur principal dans ce film : c’est aussi un réalisateur et un scénariste, or il avait travaillé avec Narayan avant ce film. On se connaissait donc un peu, à travers certains cercles. J’ai rencontré Narayan, et il s'est avéré que nous partagions la même vision cinématographique, donc dès que j’ai su que notre budget était en place, je lui ai demandé s’il serait intéressé, et par chance, il l'était. J’ai vraiment eu de la chance qu’il soit disponible le moment venu : il est relativement jeune, mais c’est un des meilleurs chefs-opérateurs, ici en Irlande.

Combien de temps le tournage a-t-il duré ?
Nous avons fait un tournage de 16 jours étalés sur quatre semaines, parce que physiquement (étant tétraplégique), je n’aurais pas été capable de supporter des journées très intenses de tournage de manière consécutive. Nous avons donc fontionné selon le rythme quatre jours de travail, puis trois journées off. Ça, c’était pendant l’automne 2018... Après les coupes qu’on a faites en janvier 2019, nous sommes rendu compte qu’il y avait certains éléments qui ne fonctionnaient pas, donc nous avons dû ajouter deux ou trois journées supplémentaires de tournage. Ainsi, dans l’ensemble, ça a pris 18 à 19 jours.

Comment avez-vous choisi les deux acteurs principaux ?
On a choisi Tristan pendant les premières phases du développement du scénario. Je le compare toujours à un jeune Henri Fonda ; j’adore ce genre d’allure "classique hollywoodien" qu’il a, mais il peut aussi apparaître comme un personnage moralement ambigu. Avec Graham, comme nous avions décidé de tourner une vidéo promotionnelle de trois minutes pour le film et je l’ai choisi comme acteur juste pour cette vidéo. En fait, je lui faisais secrètement passer une audition. En plus, il savait que c’était une occasion pour lui de se faire embaucher. Ainsi, nous avons tourné la vidéo promotionnelle en une journée et à la fin, Tristan et moi savions qu’il y avait une camaraderie créative géniale entre nous. Ce soir-là, avant qu'on se serre la main et qu'on se quitte, j’ai dit à Tristan : "Je crois que nous avons trouvé notre Joe, allez, faisons notre film".

Quelles ont été les difficultés principales que vous avez rencontrées en faisant ce projet ?
L’argent et la santé. Je n’ai pas l'endurance physique de quelqu’un qui est complètement valide, donc ça a été dur. Deux formules antérieures du projet ont capoté à la dernière minute, avant le tournage. À la troisième tentative, je me suis préparais physiquement et mentalement à ce qu'il en aille de même. Et puis finalement, nous avons réussi à faire le film. Aux deux premières tentatives, je me suis presque effrondré émotionnellement. Il y a des moments où je me suis dit : "Je ne pense pas que je vais réussir un jour à faire ce film". Ça a été dur, de surmonter tout cela. Financièrement, nous étions vraiment limités à tous niveaux.

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(Traduit de l'anglais)

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