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CANNES 2021 Semaine de la Critique

Thomas Rosso • Coordinateur général, Semaine de la Critique

"On travaille pour l’avenir"

par 

- Le nouveau coordinateur général de Semaine de la Critique de Cannes revient sur le déroulement en décembre de la 7e édition de Next Step et évoque l’édition 2021 de la Semaine

Thomas Rosso • Coordinateur général, Semaine de la Critique

Devenu coordinateur général de Semaine de la Critique du Festival de Cannes, après avoir notamment travaillé à La Fémis, au Talent Village des Arcs Film Festival, chez Why Not Productions et à L'Image Retrouvée, Thomas Rosso revient sur le déroulement en décembre de la 7e édition du programme Next Step (lire l’article) de la section parallèle cannoise.

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Cineuropa : Comment s’est déroulée la 7e édition de Next Step, l’atelier de la Semaine de la Critique, un programme dont vous êtes le nouveau directeur ?
Thomas Rosso : C’était un Next Step très particulier puisqu’il était intégralement en ligne. Next Step a été conçu comme un pont entre le court et le long métrage, comme une proposition aux jeunes réalisatrices et réalisateurs de courts d’un accompagnement pour leur projet de premier long. C’est une idée assez simple, mais elle ne consiste pas à faire un appel à projets, mais à partir des cinéastes dont les courts sont sélectionnés à la Semaine de la Critique, sur le principe que chacun d’entre eux est d’abord un artiste qui a aussi quelque chose à défendre sur le plan du long métrage. C’est donc également prendre le pari de proposer un atelier à des créateurs qui en sont à des stades très différents car les courts sélectionnés à la Semaine sont réalisés par des gens très variés : il y a des films d’école donc des jeunes d’à peine 20 ans, mais aussi des cinéastes ayant déjà réalisé beaucoup de courts. Il n’y a pas de règles. L’idée est de se dire qu’il y a cette fameuse marche à franchir entre le court et le long et qu’en tant que festival, sélectionneur, organisateur d’événement, nous avons un rôle à jouer et nous pouvons les aider à franchir ce pas, être des alliés efficaces et bienveillants. Plus de la moitié des cinéastes de ce 7e Next Step n’avaient jamais participé à un atelier, donc c’est un vrai premier coup de pouce qui leur permet de mettre un pied dans l’industrie.

En décembre, les réalisateurs ont donc été conviés à un atelier d’une semaine pendant laquelle ils ont présenté leurs projets de longs d’abord à six consultants (en scénario, réalisation, musique, production, ventes, distribution, etc.) qui ont testé leurs idées, leur ont proposé des améliorations, les ont aidés à imaginer des pistes esthétiques, créatives, artistiques pour renforcer leur projet. C’est du sur-mesure. Certains cinéastes ont juste un traitement, d’autres une première version de scénario, d’autres encore sont quasiment sur le point de tourner : l’accompagnement est donc très personnalisé, en fonction de leurs besoins. La seconde partie de l’atelier est dédiée à des rencontres avec des professionnels de l’industrie cinématographique française : des producteurs, des distributeurs, des vendeurs qui vont faire un retour "business" sur chacun des projets et prendre des premiers contacts pour ensuite éventuellement développer des relations, des collaborations. Enfin, des rencontres sont organisées avec de jeunes compositeurs de musique de films (dans le cadre d’un partenariat avec la Sacem) afin de sensibiliser les cinéastes à prendre en compte la musique de film très tôt dans leur processus de création et à ne pas attendre les toutes dernières heures de la post-production pour se dire  "au fait, combien d’argent il reste ?".

Pourquoi avoir maintenu Next Step malgré les contraintes d’un déroulement en virtuel ?
Comme avec les films sélectionnés par la 59e Semaine de la Critique qui n’ont pas pu être projetés à Cannes mais qui l’ont été hors les murs (à Angoulême, à la Cinémathèque à Paris, etc.), l’idée était de ne pas laisser tomber les auteurs, les créateurs et les professionnels du cinéma, de poursuivre ce travail d’accompagnement. De la même façon que nous avons trouvé des solutions, imaginé, improvisé une édition 2020 très particulière de la Semaine de la Critique, il était hors de question d’annuler Next Step. Nous avons évidemment abandonné l’idée d’une résidence en présentiel au Moulin d’Andé car il était impossible de faire venir les réalisateurs issus du monde entier : un Chinois, une Espagnole qui vit à Los Angeles, un Canadien, etc. Donc nous avons organisé cet atelier en ligne avec toutes les contraintes de timing liées aux décalages horaires et la nécessité de piloter et de rythmer les interactions entre consultants et participants. Cela a demandé énormément de temps et de discipline, mais tout le monde s’est très bien adapté. Il y avait un appétit de retrouvailles, de rencontres, l’idée de se dire que ça continue, qu’on travaille pour l’avenir et qu’on ne se laisse pas abattre, mais aussi la grande habitude que tout le monde a contractée pour les outils numériques qui nous ont même ouvert des possibilités de sortir un peu des contraintes de l’espace-temps de l’atelier physique. Évidemment, ce n’est pas du tout pareil d’être en immersion, un peu coupé du monde, de créer cette petite communauté dans le bocage normand, et d’être chez soi, de s’extraire de son quotidien pour consacrer trois heures à des rencontres et à des projets. Nous étions bien sûr contraints par ce contexte du télétravail, mais les discussions et tous les retours ont été hyper positifs, de très grande qualité. Et les rencontres professionnelles qui sont d’habitude organisées sur une journée à Paris ont réuni le même nombre de participants. Tout le monde a répondu présent avec une très forte volonté de tenir bon.

Comment se présente l’édition 2021 de la Semaine de la Critique du Festival de Cannes ?
Nous nous préparons à une édition en mai qui sera en plus le 60e anniversaire de la Semaine, donc nous avons très envie que ce soit la grande fête de la reconquête et des retrouvailles pour le cinéma. Mais évidemment, nous nous préparons aussi à ce que, si ce n’est pas possible en mai, on soit prêts. L’an dernier, nous avons été complètement pris par surprise par la brutalité de la crise sanitaire et il était inenvisageable de décaler. Cette année, quelle que soit la décision de Thierry Frémaux concernant le Festival de Cannes, nous suivrons. On s’organisera : si c’est en juin, ce sera en juin, si c’est en juillet, ce sera en juillet, si c’est en août, ce sera en août. On sait que comme Berlin s’est décalé, cela risque de changer beaucoup de choses, mais le maître-mot, c’est la réactivité et nous serons prêts dans tous les cas de figures. En revanche, nous avons besoin de quelques garanties car le plus difficile à gérer, c’est l’incertitude dans la mesure où on ne peut pas décider de changer les dates au dernier moment car nous devons mobiliser des partenaires, chercher des financements, etc. Mais le plus important, c’est que ce soit le meilleur moment pour que le Festival de Cannes ait lieu dans les conditions les plus normales possibles, en tous cas les meilleures pour les films. Car au fond, ce qui nous préoccupe le plus actuellement, c’est la question de la réouverture des salles et des sorties des films car les jeunes cinéastes sélectionnés à la Semaine de la Critique présentent leurs premiers longs. Pour eux, c’est une première fois, donc un moment d’autant plus crucial dans une carrière.

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